Ecrivains français en Italie : Stendhal (5)

Avec Giovanni Dotoli, de l’Université de Bari
Avec Hélène Renard
journaliste

Cette émission est consacrée à l’écrivain français Stendhal, l’un des grands voyageurs français en Italie. Giovanni Dotoli, professeur de langue et de littérature française à l’université de Bari au Sud de l’Italie, relate la fascination que l’écrivain vouait à la culture italienne : peinture, musique, histoire ... Mais également à la gent féminine !

Émission proposée par : Hélène Renard
Référence : par522
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Stendhal (1783-1842)

Stendhal, de son vrai nom Marie-Henri Beyle, grand écrivain français de la première moitié du XIXème siècle, a longtemps séjourné à Milan, à l'époque où la ville n'était pas encore italienne mais autrichienne. Rappelons qu'il a dicté lui-même l'inscription de sa tombe : "Ci-gît, Henri Beyle dit Stendhal, le Milanais".

Il y a notamment écrit le premier grand livre sur la peinture italienne en
1817, Histoire de la peinture italienne. Puis des chroniques et des nouvelles telles que La Chartreuse de Parme en 1839. Il est pris d'amour pour l'Italie et cela se ressent dans le lien qu'il entretient avec la musique italienne. Le compositeur Rossini (qui n'était pas facile à comprendre à son époque) lui doit d'ailleurs beaucoup avec l'oeuvre qu'il lui a consacrée.

Stendhal fut sans nul doute le plus grand écrivain européen qui ait compris la force de la culture italienne dans toute la pluralité de ses multiples capitales. Un pays où toutes les dix lieues, il ya une nouvelle langue, une autre civilisation. Et toutes reliées, ces villes font le miracle italien. Toute son oeuvre naît d'ailleurs d'une documentation historique et réelle qui vient tout droit d'Italie (il se documentait énormément). Ses grands romans et ses nombreuses petites nouvelles ont toutes un fond italien, entre le drame, l'amour, l'histoire et l'actualité. Sans elle, sans son "énergie" flamboyante, sans doute ne serait-il pas ce qu'il est aujourd'hui. Stendhal a retrouvé en Italie ses désirs, ses amours, ses idéaux et son plaisir de vivre.

Principales oeuvres de Stendhal sur l'Italie

- Promenades dans Rome, in Voyages en Italie (La Pléiade, Gallimard)
- Rome, Naples et Florence (1826) in Voyages en Italie
- Rome, Naples et Florence (1817) in Voyages en Italie (Gallimard Folio)
- Vie de Rossini (Gallimard, Folio)

A écouter aussi :

Cette émission fait partie d’une série consacrée aux écrivains français voyageurs en Italie.
- Ecrivains français en Italie (1) : Jean Cocteau, de l’Académie française
- Ecrivains français en Italie (2) : Paul Morand, de l’Académie française
- Ecrivains français en Italie : Albert Camus (3)
- Ecrivains français en Italie (4) : Chateaubriand, de l’Académie française

Vous pouvez aussi écouter l’émission réalisée sur le livre de Giovanni Dotoli Jardin d’Italie, voyageurs français à la découverte de l’art de vivre

Extraits cités dans Jardin d'Italie de Dotoli, lus et commentés dans cette émission :

Stendhal écrit de Via Condotti, dans le prolongement de la piazza di Spagna, à Rome, ébloui par le soleil romain :

De la table où j'écris je vois les trois quarts de Rome; et, en face de moi, de l'autre côté de la ville, s'élève majestueusement la coupole Saint-Pierre. Le soir, lorsque le soleil se couche, je l'aperçois à travers les fenêtres de Saint-Pierre, et, une demi-heure après, ce dôme admirable se dessine sur cette teinte si pure d'un crépuscule orangé surmonté au haut du ciel de quelque étoile qui commence à paraître. Rien sur la terre ne peut être comparé à ceci. L'âme est attendrie et élevée, une félicité tranquille la pénètre tout entière.

Dotoli, Jardin d'Italie, p. 69

Le soir du 13 février 1817 (deux ans après la chute de Napoléon), la salle (qui avait été incendiée) du Teatro San Carlo, à Naples, enchante Stendhal :

Même impression de respect et de joie en entrant. Il n'y a rien en Europe, je ne dirai pas d'approchant, mais qui puisse même de loin donner une idée de ceci. Cette salle, reconstruite en trois cents jours, est un coup d'Etat : elle attache le peuple au roi plus que cette constitution donnée à la Sicile et que l'on voudrait voir à Naples, qui vaut bien la Sicile. Tout Naples est ivre de bonheur. Je suis si content de la salle que j'ai été charmé de la musique et des ballets. La salle est or et argent, et les loges sont en saillie : de là la magnificence. Ce sont des torches d'or groupées et entremêlées de grosses fleurs de lis. De temps en temps, cet ornement, qui est de la plus grande richesse, est coupé par des bas-reliefs d'argent. J'en ai compté, je crois, trente-six.

Dotoli, Jardin d'Italie, p. 187

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