Quoi de neuf pour la DGLFLF ? entretien avec Xavier North

Délégué général à la langue française et aux langues de France
Avec Axel Maugey
journaliste

Du 20 au 27 mars 2010 se tient la semaine de la langue française et de la francophonie. L’occasion de prendre des nouvelles de la DGLFLF ! Dans cette émission, Axel Maugey reçoit Xavier North, délégué général à la langue française et aux langues de France. Ardent promoteur de notre langue à travers le monde, il en évoque en particulier l’usage dans la transmission des savoirs mais aussi le rôle déterminant qu’elle joue au regard de l’attractivité de la France.

Émission proposée par : Axel Maugey
Référence : foc565
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Né le 19 juin 1952 en Amérique latine (Bogota), Xavier North a passé une partie de son enfance et de son adolescence dans des pays francophones (Haïti : 1961-1965) (Canada-Québec 1965-1969).

Il a effectué l’essentiel de sa carrière dans le domaine de la diplomatie culturelle, exerçant notamment les fonctions d’attaché culturel à New-York (1980-1984) et de conseiller culturel à l’Ambassade de France à Rome (1990-1995) puis à Londres (1999-2002), où il a simultanément dirigé l’Institut français du Royaume-Uni.

Dans le cadre de ses différentes fonctions, il a toujours défendu une stratégie offensive de promotion de la langue française dans le monde, en prenant soin de la décliner différemment selon les religions et les problématiques propres à chacune.
Ancien élève de l’Ecole Normale supérieure (rue d’Ulm) il est agrégé de lettres.

Dans cet entretien, il évoque l’usage des langues dans la transmission des savoirs, à la lumière d’une enquête - qui est en quelque sorte le diagnostic - sur l’emploi du français dans différents secteurs de la vie sociale.
Cette enquête fait apparaître que 12% des jeunes français éprouvent des difficultés de lecture, ce chiffre grimpe à 30% en outre-mer.
Dans la plupart des emplois, travailler en langue française permet d’éviter des situations de stress, parfois génératrices de souffrance au travail.

Il faut noter que la communauté scientifique ne se satisfait pas du monolinguisme. Si elle reconnait à 70% l’anglais comme langue de communication dans les sciences exactes ou naturelles, cette proportion descend à 34% dans les sciences de l’homme et de la société. Par ailleurs, près d’un chercheur sur trois (29%) admet éprouver de la difficulté à produire une pensée dans une langue qui n’est pas la sienne ; et près d’un chercheur sur deux (42%) déclare éprouver des limites en anglais.

Pour Xavier North , nul doute que l’avenir du français dépend aussi de ceux qui le parlent à l’extérieur de nos frontières, langue d’accès aux savoirs, le français joue un rôle important pour le développement du continent Africain où la formation de professeurs constitue un enjeu essentiel.

Le Délégué général souligne que la dimension culturelle est pour notre pays un puissant facteur d’attractivité. Et, dans cette dimension, figure au premier rang, notre langue : l’attrait qu’elle exerce en tant que telle , la "civilisation’’ à laquelle elle est censée donner accès (art de vivre, patrimoine , littérature, etc.) font partie de motivations qui conduisent les étrangers à visiter notre pays ou à s’y implanter. De ce point de vue, considérer la langue française comme un obstacle à l’attractivité relève du contresens.

A écouter aussi : Xavier North sur http://www.lecafedufle.fr

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