Pierre Schoendoerffer ou l’honneur d’un témoin

Interview du cinéaste, de l’Académie des beaux-arts, par Elizabeth Antébi
Avec Elizabeth Antébi
journaliste

Pierre Schoendoerffer est un cinéaste mythique : de la 317ème Section à L’Honneur d’un Capitaine, son chef d’oeuvre reste Le Crabe-Tambour, qui avait été tiré d’un de ses propres livres couronné par le Grand Prix de l’Académie française.

Émission proposée par : Elizabeth Antébi
Référence : hab313
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Cette émission a été enregistrée en décembre 2007.

S'il siège depuis 1988 à l’Académie des beaux-arts, pour le cinéma, Pierre Schoendoerffer –dont le nom d’origine alsacienne signifie « le beau villageois » - est aussi un écrivain talentueux, dont un autre ouvrage, L’Adieu au Roi, fut porté à l’écran par John Milius.

Ses inspirateurs sont d’ailleurs Kessel, Conrad, Kipling, mais aussi, depuis 51 ans, sa femme, grande journaliste elle-même, Pat Chauvel, « amour, compagnon », comme il l’a inscrit sur la lame de son sabre d’académicien.

Pierre Schoendoerffer, de l’Académie des beaux-arts
Copyright Louis Monier

Il raconte comment, voilà quelques semaines il se trouvait encore en Afghanistan invité par le 1er Régiment Parachutiste dont il est 1ère Classe d’honneur ; il nous parle avec émotion de cette visite sur le terrain, un demi-siècle après avoir découvert le pays aux côtés de Joseph Kessel (lui-même élu à l'Académie française en 1962), de sa rencontre avec le directeur du musée de Kaboul qui a rassemblé le puzzle des miettes laissées par les talibans après la destruction des œuvres, allumant « dans la nuit qui était préparée, la bougie du passé ».

« Alsacien de la France de l’intérieur », né à Chamalières car son père (né, lui, à Besançon) travaillait alors chez Michelin, il rend hommage aux écrivains qui donné un coup de pouce au cours de sa vie : « Aucun autre art n’a infléchi ma vie – seulement la littérature ». Marin d’abord sur un vaisseau suédois, pour avoir lu L’Ile au Trésor et les livres de Jack London, il réfléchit par une nuit tranquille à son destin, à son envie de renvoyer un écho de ce qu’il vit et décide de devenir cinéaste. Mais « le cinéma, c’est le château de Kafka : pour pouvoir y entrer, il faut être dedans ». Il postule alors à la place d’un cameraman aux Armées, qui vient de mourir, et devient le grand témoin des guerres d’après guerre. La suite, on a pu la lire, on a pu la voir. On peut désormais l’écouter.

Article : Elizabeth Antébi

- Canal Académie vous invite à la la lecture de l'intervention du Premier ministre François Fillon, aux obsèques de Pierre Schoendoerffer
qui ont eu lieu à l'Hôtel national des Invalides le lundi 19 mars 2012 :

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