Claude Lorius, l’amoureux des glaces !

de l’Académie des sciences, section sciences de l’Univers
Claude LORIUS
Avec Claude LORIUS
Membre de l'Académie des sciences

Tout commence en 1955. Claude Lorius, diplômé d’études supérieures de physique, répond à une petite annonce : "Recherche jeunes chercheurs pour participer aux campagnes organisées pour l’Année géophysique Internationale". Puis commence une grande vie de glaciologue...

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Le glaciologue Claude Lorius est membre de l’Académie des sciences dans la section sciences de l’univers.

Voilà comment débute la carrière du célèbre glaciologue pour une science qui vient de faire son apparition dans les années 50 : la glaciologie.

En 40 ans de carrière, il partira 22 fois en expéditions, comptabilisant 6 ans d'expédition sans discontinuer!
S'il part au Groendland, sa "terre" de prédilection reste l'Antarctique.

Parmi ses plus célèbres expéditions :

- 1957: Claude Lorius s'installe à station Charcot (Antarctique). Il y restera un an en compagnie de deux autres collègues.

- 1959 : il retourne au même endroit réaliser un raid (organisé par les Américains). Pendant près de 100 jours, il parcourt près de 1400 km.

A chaque fois, l'équipe scientifique dont fait partie Claude Lorius, relève les températures, l'épaisseur de la glace et son altitude... puisqu'il s'agit de zones encore inconnues des hommes.

Les forages permettant de récolter des carottes commencent alors à se multiplier.

- 1965: date de l'expédition en terre Adélie (territoire français)

Puis les collaborations entre chercheurs américains, anglais, australiens, français et soviétiques permettent de mettre en commun leur logistique pour faire face à de nouvelles découvertes.

- 1984 : c'est l'expédition mythique de Vostok (point le plus froid au monde, il fait en moyenne -70°c en hiver). Mythique pour deux raisons :
- la première, pour la collaboration française, américaine et soviétique en période de guerre froide. En effet, même si l'Antarctique fut déclaré zone internationale pour les scientifiques de toutes les nationalités, la mise en commun des recherches n'était pas une évidence.

Ravitaillement de la station de Vostok par convoi de tracteurs pesant jusqu’à 100 tonnes reliant la côte (Mirny) à Vostok sur une distance de 1400 km, par des températures entre -40°C et - 60°C.


- La seconde, c'est le forage d'une profondeur de 2200 mètres qui va permettre de dessiner le schéma climatique sur une période de 150 000 ans. De cela en découle une affirmation révolutionnaire : à travers le taux de co2 prisonnier dans les glaces, il déduit que : "la planète devrait sensiblement se réchauffer au cours du XXI ème siècle, au risque d'affecter les ressources en eau, l'agriculture, la santé, la biodiversité et, d'une façon générale, les conditions de vie des humains..."
Si ces propos sont couramment admis aujourd'hui, à cette époque, c'était une véritable avancée.

Avec les années 90 se mettent en place des institutions comme l'Institut Français pour la Recherche et la Technologie Polaire. Claude Lorius lancera également le projet européen EPICA. (10 pays européens qui entreprennent d'explorer des zones nouvelles en Antarctique)

Les années 90 sont aussi synonymes de prix pour Claude Lorius :

- Prix Humboldt(1989)

- Prix Belgica(1989)

- Prix Italgas(1994)

- Prix Tyler(1996), pour les sciences de l'environnement

- Prix Balzan(2001), pour la climatologie

Et en 2004, entrée dans le Petit Larousse illustré.

En savoir plus sur :
- Claude Lorius
- l'Institut Français pour la Recherche et la Technologie Polaire
- EPICA


- Retrouvez notre sommaire consacré à la semaine spéciale sur les mystères de la mer.

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