Sauver le bien commun ?

Par Émilie Tardivel-Schick, professeur extraordinaire de philosophie à l’Institut Catholique de Paris

À la question de savoir ce qu’il y a à sauver, la planète constitue une réponse systémique qui transcende la multiplicité des réponses possibles : ainsi, sauver la planète, ce serait sauver le bien commun. Pourtant, comment prétendre sauver ce qui nous constitue et donc nous sauve ? La planète ne doit pas être sauvée mais respectée parce que c’est elle qui nous sauve. Elle nous oblige à reconnaître que nous ne sommes pas ce qui sauve, mais que nous faisons au contraire partie de ce qui est à sauver. Dès lors, comment opérer ? En exhortant l’homme à rechercher « ce qui sauve et est avantageux » comme le dit Platon, à savoir « le bien » qui est principe et fin de tout ce qui est : le bien commun. Contre le concept de valeur, il convient aujourd’hui de renouer avec ce qui permet à l’homme de rechercher le bien commun : l’exercice de la vertu, confronté à un nouvel enjeu, celui consistant à concilier l’amour des lois et de la patrie avec l’amour des droits et de la planète

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