La santé a remplacé le salut

Par Isabelle Durand-Zaleski, professeure de santé publique et d’économie de la santé

Après des siècles au cours desquels le salut aurait connu une certaine vogue comme substitut à la santé grâce à l’idée que la souffrance est un moyen de se rapprocher de Dieu, un renversement se serait opéré dans la deuxième moitié du XXe siècle avec une médecine de plus en plus performante et une perte de spiritualité. Aujourd’hui, la santé est devenue un droit, le bien suprême à préserver « quoi qu’il en coûte ». Une substitution du salut par la santé fait courir des risques à la société : la demande d’immortalité. Pour les médecins, il y a à réaliser qu’il n’y a pas de santé sans salut et que sans vie spirituelle il est difficile de parvenir à la santé. Penser que la santé peut remplacer le salut est une imposture et un danger. Il est important de prendre la mesure du refus de la condition humaine mortelle et de la demande technologique massive pour vaincre la maladie et la mort.

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