Regarde, Tristan Derème

Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit « Regarde » de Tristan Derème.
Robert WERNER
Avec Robert WERNER
Correspondant
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Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit “Regarde” de Tristan Derème.

 

 

Regarde. La glycine a jauni sur la porte,
Et voici que l’automne aux tempes couronnées
De lierre caduc et de roses fanées
S’avance et d’un pied lourd foule les feuilles mortes.
Il marche et son manteau de pourpre au crépuscule
Se dénoue et se mêle aux nuances champêtres.

Leur destinée en est plus magnifique encore.
C’est un laurier fleuri d’étoiles qui décorent
Ceux dont l’aube ne fut qu’un prélude à la mort.
Je dirai pour l’instruction des biographes
Que ton corsage avait quarante-deux agrafes,
Que dans tes bras toute la nuit j’étais inclus,
Que c’était le bon temps, que je ne quittais plus
Ta chambre qu’embaumait un pot d’héliotrope.

Un jour, les écoliers penchés sur leurs pupitres
En écoutant vibrer les mouches sur les vitres
Trouveront-ils au fond de collèges moisis
Une page de moi dans leurs morceaux choisis.

Tristan Derème, La Verdure dorée

 

 

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