Certes, elle n'était pas femme, Victor Hugo

Lecture par Robert Werner
Robert WERNER
Avec Robert WERNER
Correspondant
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Certes, elle n'était pas femme et charmante en vain, 
Mais le terrestre en elle avait un air divin. 
Des flammes frissonnaient sur mes lèvres hardies ; 
Elle acceptait l'amour et tous ses incendies, 
Rêvait au tutoiement, se risquait pas à pas, 
Ne se refusait point et ne se livrait pas ; 
Sa tendre obéissance était haute et sereine ; 
Elle savait se faire esclave et rester reine, 
Suprême grâce ! et quoi de plus inattendu 
Que d'avoir tout donné sans avoir rien perdu ! 
Elle était nue avec un abandon sublime 
Et, couchée en un lit, semblait sur une cime. 
À mesure qu'en elle entrait l'amour vainqueur, 
On eût dit que le ciel lui jaillissait du coeur ; 
Elle vous caressait avec de la lumière ; 
La nudité des pieds fait la marche plus fière 
Chez ces êtres pétris d'idéale beauté ; 
Il lui venait dans l'ombre au front une clarté 
Pareille à la nocturne auréole des pôles ; 
À travers les baisers, de ses blanches épaules 
On croyait voir sortir deux ailes lentement ; 
Son regard était bleu, d'un bleu de firmament ; 
Et c'était la grandeur de cette femme étrange 
Qu'en cessant d'être vierge elle devenait ange. 

Certes elle n'était pas femme, Victor Hugo

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